Artémis
Fille de Zeus et de Léto, sœur aînée et jumelle d‘Apollon, née dans l’île de Délos. Elle habite dans des régions portant en grec le nom d’eschatiai : les extrémités, les confins extrêmes des territoires des hommes, les limites du territoire cultivé et de l’espace sauvage, les frontières entre la Civilisation et de la Sauvagerie ; dans les montagnes, les bois et les sombres forêts, la o๠elle chasse les animaux sauvages.
Artémis parcourt l’espace sauvage qui limite de toutes parts les territoires des hommes, elle ne descend que rarement dans les villes, donc les humains qui cherchent à la rencontrer doivent sortir, vers les sombres forêts, vers les montagnes, ou vers la mer et les marécages.
Déesse de la chasse et de la nature sauvage, « Dame des fauves » d’après Homère dans l’Iliade ; elle est belle, chaste, vierge et farouche, avec des grands talents de chasseresse (particulièrement les cerfs), on la représente le plus souvent, court vêtue, armée d’un arc et de flèches forgés par Héphaïstos, elle est souvent accompagnée d’une biche, d’un cerf ou d’un chien, ou encore d’une meute de chiens offerts par Pan; on la trouve aussi accompagnée par un cortège de nymphes et d’océanides, desquelles elle exige la chasteté.
A l’âge de trois ans, assise sur les genoux de son père Zeus, elle lui demande en cadeau : « une éternelle virginité, autant de nom que son frère Apollon, un arc et des flèches semblables aux siens, la fonction d’apporter la lumière, une tunique de chasse de couleur safran avec bordure rouge, soixante nymphes océanes, toutes de même âge (neuf ans), vingt nymphes de l’Amnisos en Crète pour prendre soin de ses brodequins et nourrir ses lévriers.
Elle demande aussi toutes les montagnes du monde et une seule cité qu’il plaira à son père car elle vivre, la plupart du temps, dans les montagnes.
Elle demande aussi que les femmes, au cours de l’accouchement l’invoquent souvent car sa mère Léto, l’a porté et l’a mis au monde sans douleurs, et parce que les trois Parques l’ont assigné, en raison de sa naissance sans douleurs, d’être la déesse protectrice des naissances. »
Zeus promet à Artémis de lui donner tout ce qu’elle a demandé, et en plus trente cités au lieu qu’une seule et il la nomme la gardienne de toutes les routes et tous les ports.
Déesse de la chasse, « Dame des fauves », elle est responsable des morts soudaines, des morts subites ; ses flèches sont toujours précises, foudroyantes de rapidité et mortelles. On lui offre des sacrifices d’animaux sauvages et domestiques
Artémis est une déesse qui peut se montrer violente, cruelle et impitoyable envers ce qui l’offense, les exemples dans la mythologie ne manquent pas :
- En s’associant à son frère jumeau Apollon elle se venge de Niobé, reine de Thèbes (fille de Tantale et épouse d’Amphion, roi de Thèbes). En mettant au monde sept garçons et sept filles, Niobé se vante d’être plus féconde que leur mère Léto ; Artémis et Apollon tuent par leurs flèches transperçantes six filles et six garçons de Niobé et seulement deux enfants parviennent à s’enfuir. Niobé, désespérée, s’enfuit pour se réfugier à Sipyle en Lydie, en Asie-Mineur, chez son père ; là elle est transformée en une pierre coulant des larmes jour et nuit.
- Actéon, fils d‘Aristée, Chiron lui enseigne tous les secrets de la chasse. Malheureusement, Actéon, en poursuivant, avec sa meute de chiens, un gibier sur le mont Citnéron, il surprend Artémis et ses compagnes nues, se baignant près d’une source ; Artémis, mécontente et craignant qu’il se vante qu’elle s’est montrée nue en sa présence, elle le transforme en jeune cerf en lui jetant de l’eau au visage, puis elle laisse ses propres cinquante chiens, qu’ils ne le reconnaissent plus, de le poursuivre et le dévorer.
- Artémis exigeait de ses compagnes une parfaite chasteté, pour cela elle change sa suivante Callisto en ourse, pour la punir d’avoir perdu sa virginité avec Zeus et d’avoir porté un enfant de lui, puis Artémis fait appel à ses chiens pour la traquer et la tuer, mais Zeus la protège en la plaçant sur la voà»te céleste parmi les étoiles. Pour d’autres, Callisto, après avoir été auparavant métamorphosée en ourse par Zeus, Artémis la transperce sans pitié de ses flèches suite à une erreur de chasse provoquée par la jalouse Héra, épouse de Zeus.
- Arcas, le fils de Callisto, fut sauvé et devint l’ancêtre des Arcadiens.
- Artémis, pour aider son frère Apollon, elle perce de ses flèches l’infidèle Coronis, la mère d’Asklépios.
Orion, fils de Poséidon et Euryalé, chasseur d’Hyria en Béotie ; il était le plus bel homme, mais aussi un impitoyable chasseur sauvage qui ne respecte pas les règles de la chasse, il extermine les bêtes de tout âge, sans observer aucune limite ; il poursuit aussi une des Nymphes d’Artémis, l’Hyperboréenne Opis pour la violer. Mais d’après la légende la plus répandue, en voulant attenter à la virginité d’Artémis et la violer, la déesse fait sortir de la terre un scorpion qui tue Orion en le piquant. Le chasseur, et son tueur le scorpion ont été transformés en constellations qui portent leurs noms dans le ciel.Encore une autre légende explique que c’est Apollon, en voulant se débarrasser d’Orion, il répète devant la déesse Terre-Mère que ce dernier s’était vanté de tuer, sur la terre tous les animaux fauves et des monstres ; la Terre-Mère, décidant de se venger d’Orion, elle lance un monstrueux scorpion à sa poursuite ; voyant qu’il n’arrive pas à tuer le scorpion en utilisant ses flèches et son épée, Orion plonge dans la mer en direction de l’île de Délos.Le rusé Apollon, montre à sa soeur Artémis, la présence d’un corps noir flottant sur la mer, il lui explique qu’il s’agit de la tête d’un méchant au nom de Candaon (c’est le surnom d’Orion en Béotie qu’Artémis ignorait), et qu’il vient de séduire sa prêtresse Opis ; Apollon et Artémis se mettent d’accord pour faire un concours de tir à l’arc avec comme cible la tête de Candaon ; c’est Artémis qui gagne, mais quand elle nage pour voir sa victime, elle constate qu’il s’agit d’Orion, alors elle implore Asklépios de le ressusciter ; Zeus mécontent, il anéantit définitivement Orion par la foudre avant qu’Asklépios ait du temps d’intervenir. Artémis, triste, place Orion et son poursuivant éternel, le scorpion, au ciel parmi les étoiles.- Dans l’épopée de la guerre de Troie, Artémis empêche temporairement le départ des flottes des armées grecques vers la ville de Troie en levant des vents contraires car elle se juge offensée par le roi Agamemnon qui a tué une biche dans un de ses sanctuaires (ou selon d’autres versions, Agamemnon s’est vanté d’être plus adroit à la chasse que la déesse elle-même ou un meilleur arché qu’elle). En interrogeant les oracles, Agamemnon apprend que pour lever cette sanction divine, il doit sacrifier sa fille Iphigénie à Artémis . Pressé dans son entreprise guerrière, Agamemnon accepte ce sacrifice mais heureusement, au dernier moment, Artémis sauve Iphigénie en lui substituant, sur le bà»cher, une biche ; elle la transporte dans les airs et elle fait d’elle sa prêtresse en Tauride (Crimée).
- Artémis envoie un terrible sanglier qui dévaste le royaume de Calydon, parce que son roi Å’née, lors d’un sacrifice offert à toutes les divinités d’Olympe pour les remercier d’avoir donner de bon récoltes, il avait oublié de lui consacrer une partie de ses récoltes.
- Une ourse était entrée dans son enceinte sacrée près d’Athènes et elle avait été apprivoisée par les visiteurs du temple ; un jour, l’ourse, ne pouvant plus, elle griffe une petite fille, qui ne cessait pas de l’agacer. Les frères de la petite fille, furieux, tuent la bête ; Artémis se juge offensée dans son propre sanctuaire, alors elle se venge en dévastant la cité d’une peste. Suite à cette sanction divine, les fillettes d’Athènes viennent au temple d’Artémis apprendre à être sages « faire l’Ourse », en courant et dansant, torches en mains, pour la Déesse.
Artémis joue le rà´le de protectrice de la vie civilisée dans ses différents aspects (guerre, chasse, politique, sexualité…), ses lois et ses règles établies par les dieux et les humains ; Artémis veille à ce que ces règles soient bien respectées et elle sanctionne sans pitié, tout comportement représentant un retour à la vie sauvage ; c’est pour cela qu’elle verse sa colère sur la cité de Patras, et elle tue Orion, le chasseur sauvage.

